
Gonzales n'est pas mexicain. Il a choisi ce nom pour confondre les gens. C'est un anglophone de Montréal qui s'est expatrié. Étonamment, il n'habite pas New York ou Londres mais Paris. Il joue de la pop de la fin des années 70, style rock détente, à l'ère musicale du déficit d'attention. C'est un excentrique, un déplacé, un chien dans un jeu de quilles. Ce pianiste passionné est fasciné par le travail de ses confrères électroniciens mais dégoûté par l'attitude "sans technique" que la plupart des groupes punk démontrent. À l'instar de son collaborateur Philippe Katerine, avec lequel il partage une certaine arrogance française cool, on aime ou on déteste. Mais au final, il sait bien qu'en s'aliénant une partie du public, il impressionne et fidélise l'autre. Ce musicien et producteur chevronné a déjà déclaré dans une entrevue accordée à Christopher de BeHype.net : "Je considère que [mon attitude] ce n’est pas vraiment être égocentrique. Moi ce que je vois comme égocentrique c’est les punk rockers qui vont arriver sur scène, et par leur attitude vont montrer leur égocentricité. Ils ont l’attitude mais pas la technique. Je trouve ça nocif, ce sont des gens qu’il faut tuer, je veux qu’ils crèvent dans d’atroces souffrances, qu’ils soient rayés de la musique…TOUS !"

Gonzales aurait d'abord commencé par étudier la musique de fond en comble pour ensuite s'ouvrir au métier d'"entertainer". Il s'est confié à RFI Musique: "Je ne fais pas de second degré, je fais de l'entertainment. De Mozart à Madonna, les légendes de la musique ont compris qu'être un artiste, c'est faire de l'entertainment, pas d'être des artistes authentiques, ils ont intégré l'aspect superficiel de la musique. Quand je vois un artiste sérieux et sincère, je trouve cela décalé, aberrant." Il utilise des mots très forts mais se dégage ainsi d'une certaine vision de la musique et se dissocie complètement du milieu underground actuel. "Oui, je suis nostalgique de la période qui a précédé la démocratisation de la musique. Aujourd'hui, nous sommes dans un monde d'amateurs. La musique me semblait meilleure à l'époque, avec la dictature d'une petite élite, qui était seule à savoir faire de la musique. C'était alors une vraie profession." Ne l'emmenez pas voir un spectacle de Sonic Youth! Ses idées rejoignent bien celles de Teki Latex, avec lequel il a travaillé sur la production de l'album Party de Plaisir. Ils ont également enregistré ensemble un remix de la chanson Slow Down, tirée du nouvel album de Gonzales, Soft Power. Vous pouvez l'entendre sur son Myspace.
Ce frère spirituel de Peaches, qui a collaboré fortement aux deux albums de Feist, s'amène à La Tulipe ce jeudi pour nous présenter son nouvel album. Il viendra démontrer ce qu'il a appris au sujet de l'entertainement accompagné du Together Ensemble, un groupe créé pour l'occasion dans lequel on retrouve Socalled, Mocky et Katie Moore. Gonzales ayant déjà plus de 5 albums derrière lui, on peut s'attendre à un long spectacle.
Voici le vidéoclip de la chanson Working Together, de l'album Soft Power:
Bienvenue chez vous, Gonzales! Watch out Gregory Charles!

