100 initiatives pour le salut de la musique


Un manifeste légèrement adapté par Sandy Pearlman sur l’inspiration de la conférence de cette année.


« Je suis celle qui a aimé le rock’n’roll et qui a rampé des rangs jusqu’à la scène pour saluer l’histoire et planter les semences pour les horizons magiques et imprévisibles de l’avant-garde… Ses membres seront les gardiens de notre voix culturelle. Leur territoire est global. Leur CBGB c’est Internet. Leur potentiel à se former et se reformer est sans précédent... », Patti Smith, écrivant dans le NY Times à propos de sa nomination au Rock’n’Roll Hall of Fame. Comme toujours, Patti a entièrement raison. Ses remarques sont l’inspiration pour [Pop et politique 2007] la 2e conférence Pop/Schulich annuelle sur le futur de la musique pour laquelle Patti sera une oratrice invitée.

Pop Montréal, l’école de musique Schulich de l’Université McGill, le CIPP et la Future of Music Coalition présentent « Rapide, abordable et complètement hors de contrôle » Cent nouvelles tactiques pour l’avenir de la musique : Comment fracasser les prix, maintenir l’extase, accroître le catalogue de façon exponentielle et faire en sorte que les artistes et les détenteurs de droits se fassent un tas de fric. »

De la musique partout. C’est le paradoxe de la musique aujourd’hui. Il se peut que ce soit aussi le problème. Il y a tellement de musique qu’elle ne vaut même plus la peine d’être achetée. Tant de musique, si peu de temps. La musique est devenue plus omniprésente et moins essentielle que jamais. La musique est centrée sur tout sauf elle-même. Finis, l’extase et les déclencheurs ineffables qu’elle activait. Dans une ère numérique, la musique est distribuée de façon infinie. Mais est-ce que ces moyens de distribution infinis désactivent la musique? Lorsque couplée avec d’autres tendances à long terme dans les secteurs des affaires et des arts de l’univers musical, on en arrive à ceci : la corruption fatale et la désuétude de la radio; l’écroulement du sentiment de communauté que les gens ressentaient auparavant pour la radio; l’extrême mauvaise gestion des compagnies de disques; le triomphe de la fragmentation des styles musicaux au détriment d’un sentiment de communauté musical; le contrôle exercé dans le monde de la musique populaire par une poignée d’individus connaisseurs, inspirés et individualistes, maniaques des affaires (et des multinationales); les conséquences imprévues d’une technologie toujours plus habilitante (et handicapante); le déclin si précipité de l’importance de l’entreprise de la musique populaire et le fait que cette entreprise n’est plus qu’un acteur mineur dans un univers musical beaucoup plus vaste; le fait que la plupart des systèmes (pour ne pas dire tous les systèmes) de valeurs sur lesquels la musique s’est fondé depuis 1 000 ans sont maintenant désuets, etc, etc… En lisant les tendances, le futur de la musique est loin d’être assuré. Il y a ceux qui pensent que l’existence même de la musique en tant que force autonome qui fait tourner le monde est à risque et que la musique elle-même a besoin d’être sauvée.

C’est à nouveau dans ce contexte, et sous l’influence de l’esprit magnifique duquel Patti Smith est l’habituelle porteuse, que cette conférence a été organisée: 100 nouveaux modèles pour le futur de la musique. 100 mesures qui visent à éviter la soumission de la musique. 100 initiatives pour le salut de la musique.


--- Sandy Pearlman, chaire d’honneur de Schulich, producteur de The Clash et de Blue Oyster Cult, gérant de Black Sabbath et maître de la cloche à vache.