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POP Montréal Musique

Allison Russell

Bien que le monde soit vaste et profond, les histoires les plus authentiques naissent dans les pièces les plus étroites et les plus sombres. Ce sont ses vies d’une banalité étouffante qui nous asservissent et nous autonomisent, qui nous retiennent et nous charment. De ces vies que l’on troque et négocie s’éveillent la musique, comme une prière ou un cri, ou les deux à la fois, mélangés pour ne faire qu’un. Digne d’une sanctification, la prière et le soupire deviennent musique lorsque partagés. Certains se retrouvent à genoux que plus tard, alors que d’autres y sont forcés à l’enfance comme une pierre engloutie au fond d’une carrière, retenu par le poids de leur propre monde. Hélas ces pierres y sont souvent perdues, ne retrouvant jamais la surface. Mais celles qui y survivent le font avec brio, leur coeur animé par cette lutte définitive qui réanime leur corps frêle: ces pierres deviennent lanterne, celles qui illuminent ces pièces sombres et étroites d’où proviennent les histoires, démêlées pour être réanimées. C’est dans une telle pièce qu’Allison Russell (compositrice, interprète, poète et activiste) témoigne de sa descendance. Une enfant maltraitée devenue mère pour cette brave femme et artiste qu’elle est devenue, alors qu’elle ne survit seulement que dans la moins probable de ces deux options. Bénie soit-elle.